Ce titre pourrait laisser craindre une disparition de l'espèce en Brenne — il n'en est heureusement rien. Mais l'hiver dernier, un épisode de gel intense a recouvert les étangs d'une couche de glace qui a coupé l'accès à la nourriture pour tous ceux qui, comme le Martin-pêcheur, dépendent des poissons — et parfois des tritons — pour survivre. Or, maintenir un métabolisme aussi actif et une température corporelle avoisinant les 41 °C exige de s'alimenter régulièrement, a fortiori en plein hiver.
Face à cette contrainte, certains individus ont rejoint des eaux libres comme la Creuse, d'autres ont entrepris une migration de courte distance mais précipitée vers le littoral atlantique. Tous n'ont pas survécu à cette période difficile, et les pertes ont été significatives — ce qui explique la rareté inhabituelle des observations ce printemps en Brenne.
Mais voici la bonne nouvelle. Ce matin, j'ai eu le plaisir d'observer une scène de nourrissage impliquant plusieurs juvéniles sur l'étang Foucault. Ces jeunes oiseaux se distinguent facilement des adultes : leurs pattes sont très sombres, presque noires, et la pointe du bec affiche une teinte pâle caractéristique, presque blanche. Le Martin-pêcheur d'Europe peut mener deux à trois nichées par an, avec six à sept œufs chacune. Même si tous n'arrivent pas à terme, l'espèce a une remarquable capacité à recoloniser rapidement les territoires qui lui sont favorables.
Alors, sortez les jumelles !
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