Non, il n’existe aucune donnée scientifique solide montrant que le Héron cendré (Ardea cinerea) produirait une substance chimique destinée à attirer les poissons au niveau de ses pattes.
Cette idée relève du mythe naturaliste.
Physiologie : aucune structure spécialisée n’est identifiée chez cette espèce
Pour qu’un tel mécanisme existe, il faudrait au minimum des glandes sécrétrices spécialisées dans les tarses ou les doigts, responsables d’une production contrôlée de molécules attractives.
Or, les hérons ne possèdent pas de glandes cutanées spécialisées au niveau des pattes.
En fait, les oiseaux ont en général très peu de glandes cutanées (principalement la glande uropygienne, située à la base de la queue), et à ce jour, aucune analyse chimique ou étude éthologique n’a mis en évidence un phénomène d’attraction olfactive des poissons par les pattes de hérons.
Seule la prédation permet la capture des poissons, selon des mécanismes, qui eux sont bien documentés :
Immobilité et mimétisme
Le héron adopte généralement une posture statique, tandis que ses pattes fines et sombres perturbent peu le champ visuel du poisson.
Réduction des vibrations
Le mouvement du Héron cendré est lent, contrôlé, pour éviter les ondes de pression détectées par la fameuse ligne latérale des poissons.
Origine probable de ce mythe
Ce type d’affirmation naît souvent d’une interprétation anthropomorphique (« il doit bien les attirer d’une façon »), ou encore d’une analogie avec certains poissons bioluminescents ou prédateurs marins utilisant de vrais leurres, ou enfin d’observations où des poissons semblent s’approcher des pattes (en réalité pour se nourrir de micro-organismes remués par le héron).
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